Menu

Historique

O U LE PARCOURS ORDINAIRE D’UNE EDUCATRICE DE FAUVES

Sandrine Le Bris est éducatrice de fauves. Drôle de métier, me direz-vous !

D’autant que Sandrine n’est pas issue d’une famille de cirque…

Et, pourtant, Sandrine est devenue, en quelques années, l’une des meilleures éducatrice de fauves de sa génération.

Née le 25 avril 1970 à Pontivy, en Bretagne, elle se passionne très vite pour les animaux et, notamment, les fauves.

En effet, comme tout un chacun, à un moment donné de sa vie, elle cherche sa voie. Pour elle, c’est la passion des animaux qui est moteur. Mais faire quoi ?

En 1989, le zoo de Pont Scorff cherche un soigneur. Un homme de préférence !

Mais ils finissent par la prendre dans le cadre d’un Stage d’Insertion à la Vie Professionnelle.

On lui demande de s’occuper des nouvelles naissances : deux petites panthères des neiges, des pumas et des lynx, auxquels elle devra donner les biberons.

Elle y consacre des jours et des nuits et c’est à partir de ce moment-là que sa passion pour les fauves, qui s’était déjà révélée, devient une évidence.

LE HASARD DES RENCONTRES

Après six mois de stage SIVP, puis un contrat aidé TUC, elle reste bénévole pour garder un contact avec ces animaux, ses animaux…

Puis le zoo engage Henri Dantès (qui ne venait pas du château d’If !), dresseur de renommée internationale.

Henri Dantès a travaillé pour la famille Bouglione. Il est connu aussi pour avoir doublé Burt Lancaster dans Trapèze et joué le dompteur alcoolique qui a peur des fauves dans Le plus Grand Chapiteau du Monde avec John Wayne.

L A FORCE DE LA PERSUASION

Sandrine, fascinée par le métier d’Henri, décide de travailler avec lui.

Elle sent, elle sait que c’est sa chance…

Pourtant, il lui faudra de longues semaines « d’harcèlement » quotidien pour qu’il accepte (enfin !) d’en faire son assistante, car, au départ, il n’en était bien évidemment pas question. Sandrine a donc débuté comme une Cendrillon.

UNE PEDAGOGIE EPROUVEE

Un an et demie à nourrir les fauves, à manœuvrer les enclos, les portes de tunnels, à être prête à intervenir en cas d’attaque…

On regarde, on apprend, on ne pose pas de questions…

PUIS UN MATIN

Un matin, Henri fait entrer Sandrine seule dans la cage, avec trois jeunes lionnes.

Elle avoue sa peur à ce moment-là, mais, elle n’a pas le temps de réfléchir.

« S’il me l’avait proposé, je ne l’aurais sans doute pas fait » avouera-t-elle plus tard…

Quand on est jeune (Sandrine a 21 ans), on peut dépasser ses limites. On recherche le contact avec l’animal, la prise de risque.

Se mettre en danger, ressentir des émotions fortes, c’est excitant !

En même temps, exercer une autorité suffisante quand on est jeune et, en plus, une femme avec peu d’expérience, ça tient à quoi ?

Toutes ces questions, bien sûr, elle n’a pas eu le temps de se les poser ce matin-là.

LE DEBUT DE LA ROUTE

Henri s’installe temporairement près de Marseille. Sandrine décide de le suivre et s’installe dans cette région qu’elle n’a plus quittée. Quoique…

En effet, lorsque Henri quitte Marseille, il lui trouve un petit boulot en Floride, dans un centre de reproduction de félins. Un cadre très classique, avec des spectacles un peu conventionnels. Elle y restera six mois.

Aujourd’hui, en se remémorant son parcours, elle se rend compte que ce sont bien toutes ces expériences qui ont contribué à lui apprendre son métier, même si elle n’en avait pas conscience à l’époque.

Elle était alors comme une éponge ; elle absorbait tout.

M ARY

Rentrée à Paris, Sandrine passe trois mois avec Daniel Susskow, un autre dresseur. Il l’a met en contact avec Mary Chipperfield, son Maître, son Amie.

Avec son cousin Jim Clubb (The Jim Clubb’s Amazing Animals fournit la plupart des animaux pour le cinéma, les numéros de cirque en Europe), elle lui a tout appris : les éléphants, les singes, les chevaux, les tigres, les panthères.

C’est à cette époque que Sandrine décide de monter un numéro très rare avec douze animaux : des lions, des tigres, des léopards.

REMINISCENCE DE SON PREMIER PROFESSEUR

Henri lui avait bel et bien transmis son Savoir, et surtout, tout ce qu’il ne fallait pas faire. Elle le comprend à ce moment là et elle sait que ça lui servira tout au long de sa carrière : poser son autorité, ne pas caresser les fauves au repos à travers la cage… ça s’apprend au fil des ans.

LE SOLEIL LEVANT

Ce numéro lui permet de signer un important contrat de six ans avec le cirque Kinoshita au Japon.

Dans l’avion, la peur la gagne. Elle pleure. Six ans, c’est long sur une terre inconnue ! Que va-t-elle découvrir là-bas ? Elle découvre une autre planète.

Elle découvre aussi 2 girafes, 4 zèbres, 1 hippopotame… et, surtout, la rigueur japonaise qu’elle a gardée de cette fabuleuse expérience.

D E RETOUR EN FRANCE

Après une expérience en Roumanie, Sandrine devient la « star » du cirque Médrano. Elle rejoint ensuite le cirque d’hiver Bouglione, son monument classé, la fameuse Piste aux Etoiles, et, a, ce qui est le plus important pour elle, le soutien de la famille Bouglione.

Elle travaillera aussi dans des parcs d’attraction.

ET MAINTENANT

Aujourd’hui, cela fait 27 ans que Sandrine exerce ce métier fascinant. Elle arrive donc à un moment où des choix de vie doivent être faits. Il faut envisager de prendre le bon virage…

SI ELLE FAIT UN POINT

Après 27 ans de carrière, elle n’a aucune cicatrice physique.

Cependant, elle réalise, enfin, que dans ce métier, la prise de risque est très importante. Alors, jusqu’à quand peut-on et doit-on l’assumer ?

Elle confie : « chaque fois qu’on rentre dans une cage, on doit penser que c’est la première. Rester toujours concentrée, ne pas se disperser (elle ne parle jamais avant, pendant, et même après un numéro). La routine, c’est bien là le vrai danger ».

Elle refuse de se laisser déconcentrer, de se faire piéger par une trop grande confiance en soi.

Un vieux dresseur lui disait « ce qui doit arriver arrivera« .

Doit-on rester fataliste pour autant ?

Il faut surtout entretenir un rapport sain (et serein) avec les animaux.

Elle affirme que c’est un rapport d’élève à professeur ; ce n’est surtout pas un rapport de force, car il ne serait pas en sa faveur.

Il faut réussir à établir une confiance et un respect mutuels.

Prendre le temps d’étudier le caractère de chaque animal.

Elle parle, bien entendu, du caractère de chaque individu, au-delà des caractéristiques de chaque espèce.

Mais ça n’est pas fini pour autant… L’histoire continue…

L E DEBUT D’UNE NOUVELLE VIE

On comprend vite que les animaux du cirque ne sont pas, pour Sandrine, de simples outils de travail, mais bien des compagnons à part entière.

Elle a passé beaucoup de temps avec eux et, aujourd’hui, les derniers fauves avec lesquels elle a travaillé ont entre onze et douze ans.

Quant à elle, elle est à un tournant de sa vie. Elle avoue être un peu lasse des déplacements quotidiens de ville en ville.

Sandrine songe donc à se reconvertir, mais sans abandonner ses fidèles compagnons : son lion Simba, ses deux lionnes : Masaï et Coralie, son tigre : Rian et sa tigresse préférée : Tania.

E lle est déjà à la tête de l’association « Roaar » (en référence au cri du tigre) dont le but est de protéger les animaux sauvages.

Devrait-elle davantage creuser cette piste ?

LE MOMENT OU JAMAIS !

RENCONTRE AVEC UN DRESSEUR DE CHEVAUX

A l’occasion d’une de ses toutes dernières représentations, au Cirque Médrano, Sandrine rencontre Thomas Patermo, un jeune préparateur de chevaux en compétitions de dressage, mais aussi en spectacles de dressage.

Il a produit de nombreux spectacles.

Il est le virtuose du dressage de Haute Ecole qui est la forme la plus aboutie de l’Art Equestre. Il sait rendre au cheval monté, sa grâce, sa beauté, l’équilibre de ses attitudes et de ses mouvements naturels, dans la plénitude de ses moyens, heureux, libre et conquérant…

Son travail se caractérise par l’absolue légèreté du cheval placé dans l’équilibre le plus parfait, quelle que soit la difficulté de l’exercice.

C’est le rassembler dans la légèreté !

Et le rassembler est la poésie de l’équitation !

F AIT POUR SE RENCONTRER

Vous comprendrez que ces deux là étaient faits pour se rencontrer et c’est ce qui est arrivé…

En effet, Sandrine et Thomas sont passionnés par les animaux. Tous deux sont extrêmement pédagogues et patients avec eux. Ils sont dotés d’un même sens artistique et ont la même vision des choses :

La préoccupation du bien-être animal.

Ils ne rechignent jamais face à des tâches du type nettoyage des cages, des boxes, ou les soins des animaux. Ils sont simples et « vrais »… et puis, et surtout…

Cela est drôle, mais, tous deux ont un caractère bien trempé !

Oh oui mon pote, j’en rêvais depuis tellement longtemps !

 

Je peux enfin profiter de ma piscine !

 

 

Ah quelle joie la retraite !

 

 

Thomas et Sandrine

Au cours de leur interwiew avec le journal « La provence »

avec le tigre Rian et Simba le lion, tous deux âgés de 11 ans.

Ces deux fauves ont travaillé avec Sandrine.

Thomas est déjà propriétaire d’une écurie privée de dressage et d’un terrain de 2,5 hectares sur la Commune de Trets, chemin de la Marseillaise.

C’est tout simplement, qu’ils décidèrent de s’associer et de concrétiser leur projet de création d’un parc animalier.

Cette histoire est peut-être longue me direz-vous ? Mais elle est tellement émouvante qu’il fallait que je vous la raconte…

J’espère qu’elle vous aura touchée tout autant que moi !